Situation

Vendredi vert, samedi jaune. Ecologie + gilet jaune = printemps fleuri

Deux dates, deux grèves. A partir du 5 février : grève des gilets jaunes et de la CGT. Le 15 mars : grève mondiale de la jeunesse pour le climat. Entre ces deux dates, les écologistes risquent de s’ennuyer, et surtout, il serait assez idiot de faire la grève chacun de son côté, alors que – on le sait depuis que la taxe carburant a suscité une révolte – la crise sociale et la crise écologique sont inséparablement un problème commun.

Plusieurs initiatives ont alors émergé : d’un côté, de jeunes écologistes souhaitent commencer la grève pour le climat dès le vendredi 8 février, et la répéter tous les vendredi. Ce très intéressant préliminaire aux émeutes hebdomadaires du samedi s’intitule #fridaysforclimate. Sur Paris, une AG est déjà prévue à la Sorbonne vendredi 8 février.

D’autre part, plusieurs collectifs écolos appellent leurs confrères et consoeurs à se joindre (enfin) massivement au mouvement des gilets jaunes, dès le 5 février, pour faire la grève et bloquer l’économie, et à continuer les samedi suivants. Nous reproduisons le texte de Rennes en lutte pour l’environnement ci-dessous.

Profitons-en pour indiquer que, si par un heureux hasard les facs et les lycées en venaient à être occupés au printemps, les salles vacantes deviendraient un lieu idéal pour accueillir des gilets jaunes en quête de rafraîchissements et de discussions, après les festivités sportives du samedi. Ces lieux seraient alors tout désignés pour servir de centres de conspiration contre un gouvernement qui nous précipite à la fois dans la misère et dans le désastre environnemental.

Vendredi vert, samedi jaune. Un printemps fleuri se profile !

Les appels aux marches pour le climat ont le mérite d’alerter sur l’état de la biodiversité et la destruction « écologique » de nos conditions de vie (et finalement de toute forme de vie). Si elles peuvent constituer un espace d’expression politique sur la question, leur absence de but clair, d’objectifs déterminés et de moyens d’action transforment ces marches en simples déambulations inoffensives et stériles.

Depuis 2 mois des dizaines de milliers de personnes affrontent le gouvernement de manière offensive en prenant la rue sans déclarer de parcours, en bloquant l’économie et certains centres logistiques (dépôts pétroliers, plate-forme, ports etc.), en s’attaquant aux banques, spéculateurs immobiliers, politiciens irresponsables.

Pendant ce temps, les organisateurs des marches continuent d’appeler à des manifestations négociées avec le préfet et sans idée d’action susceptibles de bousculer un peu les autorités de ce pays.

Nous avons à plusieurs reprises tenté de constituer au sein de cet espace un cortège à partir duquel mener des actions ciblées qui n’ont pu être réalisées du fait d’une présence policière massive. Nous avons même été chargés et matraqués sans réaction significative des organisateurs des marches. Il nous faut pourtant rappeler qu’aujourd’hui comme hier, cette police tue, mutile, et blesse nos camarades, les gilets jaunes, les banlieusards.

Nous pensons que le souci de la vie sur terre sous toutes ses formes, et le refus de polluer l’air, l’eau et les sols ne sont pas incompatibles avec le fait de mener une vie décente. Il s’agit même d’une condition indispensable à la transformation radicale du monde présent pour accéder à une vie sensée.

Le monde ne nous a pas été donné comme une « chose » ou une « ressource » à notre disposition. De la même manière que nous ne sommes pas les « ressources » du patronat et du gouvernement, la nature n’est pas « notre ressource ». Elle est ce dont il faut se soucier comme la condition même de notre existence.

Il est temps de faire en sorte que l’écologie soit autre chose qu’un « ministère » ou bien un faire-valoir pour les entreprises, les partis politiques et leurs dirigeants.

Nous souhaitons une écologie populaire de combat, susceptible de questionner nos modes de vie, notre rapport au reste du vivant et surtout qui nous apporte la victoire face aux gouvernements du monde entier pour lesquels la « nature » n’est qu’un paramètre de plus à gérer.

A partir du 5 février, rejoignons toustes massivement l’appel des #GiletsJaunes : grève et blocage total de l’économie !

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